ce n'est pas un article mais une nouvelle

Ce jour là, Fiona devait boucler sa matinée par un dernier rendez-vous non loin de son lieu d'habitation. Elle accusait déjà du retard. Elle appela M. Kapé afin de le prévenir de son léger contretemps.
Arrivée sur les lieux du rendez-vous, un beau site vallonné qui quelques années auparavant abritait une école, elle pressa le pas.
A ce moment, la sonnerie de son téléphone portable retentit. Elle se mit à fouiller nerveusement dans son sac. Au moment où elle saisit son portable, les dossiers qu'elle tenait en main se retrouvèrent à terre.
Sa journée avait démarré sur des chapeaux de roues. Pour un Lundi matin, tout allait de travers. Une engueulade de bonne heure avec son compagnon alors que depuis quelques semaines tout semblait être au beau fixe. Mais un léger retard accusé dans son cycle provoqua cette dispute matinale.
Plus tard dans la journée, son gestionnaire de banque l'appela pour la tenir informée d'un rejet du retrait mensuel de son crédit automobile.
Par la suite, une réunion s'était tenue à l'agence avec Mme Assou, la Directrice Générale, de suite au mécontentement d'un client. Ce dernier lui avait adressé un courrier suite au retard de livraison des éléments de sa campagne publicitaire.
Elle croyait en avoir fini avec la série de catastrophes mais constata à ses dépens que le mauvais sort la poursuivait.
L'ensemble des maquettes qu'elle devait présenter gisait là dans une belle flaque d'eau.
Fiona n'en pouvait plus. Elle craqua ! Plus rien n'existait autour d'elle. Elle se rappela la dispute avec Marc et les sanglots reprirent de plus belle. Marc correspondait à ce qu'elle recherchait en un homme mais elle ne comprenait pas ses emportements dès qu'elle abordait le sujet bébé.
Fiona, plongée dans ses pensées, ne remarqua pas qu'elle était observée.
Un homme qui avait suivi toute la scène s'approcha. A la vue des maquettes et du nom de la société, il ne prit pas la peine de lui demander son nom, ni qui elle venait voir sur le site. M. Kapé l'avait informé du lancement de ce nouveau produit qui allait révolutionner le marché des télécommunications. Il aida la jeune femme à se redresser et l'accompagna dans les locaux de Giplex. Là, il demanda à l'assistante d'informer M. Kapé de sa présence.
M. Kapé sortit de son bureau et, il le prit à part.
Fiona qui avait désormais repris ses esprits tentait tant bien que mal de s'arranger tout en gardant « un ½il » sur les deux hommes.
Que pouvaient-ils bien se dire, se demandait-elle. Après un hochement de tête de M. Kapé, le mystérieux « sauveur » s'approcha de Fiona et lui dit à l'oreille,
- Ne vous en faites pas, tout se passera bien ! J'ai expliqué l'incident à M. Kapé, je vous ai bousculé, vous ai fait perdre l'équilibre et...
- ...mais vous avez men... » dit-elle !
- ...Chut, on pourrait vous entendre ; Pour la bonne cause, ça ne s'appelle pas un mensonge. D'ailleurs si vous tenez tant à me remercier, acceptez de déjeuner avec moi aujourd'hui. Je vous attendrais.
- Ecoutez Monsieur, je vous remercie beaucoup pour ce coup de main mais un autre jour peut être!
Elle s'éloigna sans même prendre la carte de visite qu'il lui tendait.

De retour chez elle, Fiona ne pu s'empêcher de repenser aux différents événements de cette journée. Elle avait été à 2 doigts de perdre son travail, sauvée par un inconnu...
Tiens, elle n'avait pas eu d'appel de Marc de toute la matinée. Il devait encore ruminer dans son coin. Ca lui passera se dit-elle !
Elle se servit quelques légumes préparés en salade et se précipita dans sa chambre. Elle n'avait qu'une envie, faire une bonne sieste en espérant que l'après-midi se déroule mieux.
La fin de la semaine arriva et Fiona plongée dans son travail n'avait pas prêté attention à l'absence de Marc. Aujourd'hui, c'était différent, c'est Vendredi et demain, Marc et elle, en compagnie d'amis doivent se rendre à quelques kilomètres d'Abidjan, Assinie.
Elle ne l'appellera pas si c'est ce qu'il croit. Marc était quelqu'un d'obstiné. A chaque dispute, il disparaissait quelques jours sans donner signe de vie et réapparaissait sans crier gare. Aucune explication, encore moins une excuse! La vie reprenait son cours normal mais cette fois-ci, elle était résolue à ne pas jouer son jeu.
Fiona appela Cécile pour s'enquérir de l'heure de départ et des différentes choses à apporter. Elle ne mentionna pas que sans nouvelle de Marc depuis le début de la semaine, elle prévoyait venir seule. Le fait de faire la route toute seule l'agaçait un peu. D'habitude, c'était Marc qui conduisait lorsqu'ils s'y rendaient. Marc, Marc... suffit de penser à lui, se dit-elle.
Fiona termina sa journée à 18h30 pétantes bien trop contente que cette semaine s'achève ! Elle se rendit à son club vidéo, y choisit 2 films, passa au supermarché acheter une bouteille de vin, de la charcuterie, du fromage et rentra à la maison. Elle était bien décidée à profiter égoïstement de cette soirée.
Aussitôt rentrée, elle alluma des bougies, des bâtons d'encens, mis une lumière tamisée et un CD de soul music. Elle se glissa dans un bain tiède « mmmh, parfait la température! se dit-elle » et sans s'en apercevoir, s'assoupit ! Toute la tension de la semaine la quitta progressivement, lentement ...
« Dring ! Dring ! » Elle croyait rêver mais c'était vraiment la sonnerie du téléphone. Elle essaya de rassembler ses esprits avant de décrocher le portatif. Marc était en ligne.
- Je te réveille ? Tu es seule ? Demanda t-il

Quelques minutes après, Fiona raccrocha en jurant et sorti de son bain qui s'était complètement refroidi. Elle frissonna ! Elle qui avait rêvé d'une soirée tranquille...un coup de fil venait de tout gâcher ! Marc voulait savoir si Fiona avait confirmé leur présence à Assinie.
Elle n'en revenait pas. Décidément, les hommes sont vraiment une race spéciale ! Pas de nouvelle pendant 5 jours et Monsieur appelle sans crier gare pour passer un week-end avec moi. Au nom de quoi, des convenances ou de son bien être ?
Il ne croyait quand même pas qu'après leur discussion de Lundi matin restée inachevée, ils se rendraient main dans la main au cabanon de Cécile et de Luc ???
Ce détail acheva définitivement Fiona qui ne prit pas la peine de goûter à son assiette de charcuterie – fromage ni même à son vin. Elle éteignît toutes les lumières, coupa la musique et regagna son lit ! Même à l'extérieur, il avait le pouvoir d'influer sur sa vie. Maudit soit-il, pensa t-elle.

A son arrivée à Assinie, ses amis surpris de la voir descendre de sa voiture non accompagnée, l'interrogèrent du regard. Elle remarqua leurs regards et leur dit :
- je ferais aussi bien de repartir avec des têtes comme ça !
- Mais non, Fiona, qu'est-ce que tu racontes ? On se demande juste ce que tu as fait de Marc !
- Marc ? Il ne vous a rien dit ???!Oh, désolée, il a du oublier. Il a été appelé d'urgence pour une mission et prend l'avion ce soir.
Fiona s'étonna de ce mensonge. Depuis quand avait-elle des capacités à mentir ? Un sourire s'exprima sur son joli visage.
- Je vois que ça ne te peine pas trop, Fiona ! C'est bien, sois forte, il sera bientôt de retour !
Cécile ne pouvait imaginer l'état d'esprit de son amie Fiona.
Fiona et Cécile étaient liées depuis de nombreuses années. Plus jeunes, elles avaient été inséparables. L'une toujours fourrée chez l'autre, s'échangeant les habits, portant les mêmes coiffures, à tel point que leurs parents respectifs se perdaient parfois. Elles avaient débuté leurs cursus universitaire dans la même ville et s'étaient séparées par la suite. Cécile poursuivit ses études au Canada ; quant à Fiona, elle resta sur Paris. Malgré la distance, elles restèrent très proches jusqu'à cet été où Cécile vint passer quelques semaines à Paris. Cécile venait de perdre un ami très proche. Le drame s'était quasiment produit sous son nez et changer de cadre était urgent et important pour son équilibre. C'est ainsi qu'elle appela Jeudi à 4heures du matin Fiona pour lui annoncer son arrivée prochaine.
Fiona était heureuse de revoir sa meilleure amie mais sa joie était réservée. En effet, à la même période, quelques semaines auparavant, Fiona rencontrait Luc, étudiant en Ecole de Commerce. Luc habitait le même quartier que Fiona. C'était un garçon simple avec des plaisirs sains et célibataire, détail ô combien non négligent pour qui recherche « l'âme s½ur ». Fiona en était tombée amoureuse mais n'osait pas faire le premier pas. Ils s'entendaient si bien, elle craignait que ce non-dit soudain révélé gâche leur relation ?
L'un et l'autre n'avaient personne dans leur vie. Luc sortait d'une histoire qui l'avait meurtri et ne se sentait pas prêt à se relancer dans une nouvelle « aventure amoureuse ». Il ne se passait pas un jour sans que Fiona et Luc ne se parlent au téléphone. Luc accompagnait Fiona faire son shopping et ils jouaient bien leur rôle de couple lors des séances shopping...Fiona était aux côtés de Luc lorsqu'il acheta de nouveaux meubles pour son appartement afin d'en chasser le fantôme de Line, sa dernière campagne. Ils faisaient même leur marché ensemble, un vrai petit couple dans la forme.
Fiona quant à elle, était en quête de son âme s½ur et pensait éventuellement l'avoir trouvé en la personne de Luc mais elle ne voulait rien précipiter. Ne rien précipiter pour ne rien gâcher était sa devise !
C'est dans cette atmosphère calme, remplie de non dits que Cécile arriva. Leur rencontre se déroula bien, trop bien même selon Fiona. Elle n'avait jamais vu Luc autant enthousiaste. Les tâches les plus ardues se révélaient les plus ludiques, mettre la table, préparer de la vinaigrette, sortir les sacs poubelles, promener Mysti, la chienne...
Toutes ces choses, qu'il ne voulait jamais faire, il les faisait sans rechigner comme gagné par une force spéciale !
Fiona était agacée de les voir aussi heureux. Plus rien n'existait autour d'eux ! Fiona exagérait sûrement, une personne jalouse n'est jamais assez lucide; mais ils flirtaient ouvertement sous son nez et ça l'irritait.
Un soir, alors qu'elles s'apprêtaient toutes les deux à sortir, Cécile demanda à Fiona,
- Au fait, qu'est-ce que tu penses de Luc ?
Fiona s'attendait à cette question et appréhendait le moment.
- C'est à dire, qu'est-ce que je pense de Luc?
- ...qu'est-ce que tu penses de lui ? C'est quelqu'un de sérieux ? Est-ce qu'il est prêt à s'engager dans une relation ou... ?
- ...on peut être sérieux et ne pas avoir envie de s'engager dans une relation, comme on peut s'engager et ne pas être sérieux !
- Tu ne réponds pas à ma question, tu sais très bien ce que je veux dire !
- Non, c'est toi qui formules mal ta question! Tu voulais sûrement dire « est-ce que j'ai des chances avec Luc ? ». Ma réponse est, je ne sais pas ! demande le lui toi même !
- Oulala !!! j'ai l'impression que j'ai touché une corde sensible. Qu'est-ce qu'il y a Fiona ? Nonnn, ne me dis pas que t'es amoureuse de Luc? Mais pourquoi ne m'as tu rien dit ?
- Tu te trompes ma vieille ! Sache tout simplement que Luc est quelqu'un que j'aime particulièrement et je ne tolèrerai pas qu'on lui fasse du mal. Et pour te répondre franchement, je ne crois pas qu'il soit prêt à s'investir dans une nouvelle histoire. La dernière l'a complètement broyé !
- Je sais qu'il en a souffert mais il semble en bonne voie de guérison...enfin, ce soir, je joue « carte sur table » et advienne que pourra !
Fiona se sentait désormais encore plus mal à l'aise car le ton était donné. Ce soir, elle ferait office de la 5ème roue du carrosse. Elle décida d'inventer une migraine en fin de repas et les laisser continuer la soirée à deux.

Aujourd'hui, Luc et Cécile étaient mariés et ne tarderaient pas à donner naissance à leur 1er enfant.
Fiona éprouvait parfois de la gêne devant Luc car bien que n'ayant jamais abordé le sujet avec lui, elle savait pertinemment que Cécile lui en avait touché 2 mots.
Enfin, tout ceci était bien vieux et elle était heureuse pour eux. Après tout, elle était à l'origine de cette union et ils formaient un beau couple !

Fiona savait qu'elle ne pourrait pas cacher bien longtemps à Cécile le malaise de sa relation mais elle ne se sentait pas prête à se confier. A certains moments, vos soucis vous paraissent tellement éloignés des préoccupations de vos amis que vous préférez les gardez pour vous ; quelques temps en tout cas.
Sa priorité ce week-end était de se changer les idées et de prendre un repos mérité.
Sur ce dernier point, elle ne se faisait aucun souci ; Cécile, femme organisée avait tout prévu. Il n'y avait plus qu'à réchauffer les plats et se mettre à table.
L'air marin, le roulement perpétuel des vagues, elle ne savait pas ce que c'était mais Fiona rentra à Abidjan dimanche soir prête à affronter tous ses démons et en particulier celui dénommé Marc.

Les semaines, les mois passèrent sans changement notoire dans la vie tranquille de Fiona.
Si. Elle était désormais célibataire. Elle avait rompu définitivement avec Marc lorsque ce dernier lui apprit qu'il était père d'un petit garçon de 4 mois.
Fiona n'en était pas revenu. Tout ceci s'était déroulé sous ses yeux sans qu'elle ne se doute de rien.
La douleur avait été trop forte, elle s'était sentait trahie au plus profond d'elle même. Elle avait demandé le plus calmement possible à Marc de disparaître de sa vie, de l'oublier. Peut être qu'un jour lui pardonnerait-elle. Mais pour le moment, elle avait besoin de se retrouver seule.
Et une victime de plus, se dit-elle ! Un enfant de 4 mois ? Mais comment font-ils ? Comment font-ils pour jouer sur plusieurs tableaux sans se sentir coupable? Et elle, comment a-t-elle fait pour ne rien remarquer ?
Leur couple était très indépendant. Fiona pensait ainsi ne pas étouffer Marc. Les week-ends étaient sacrés mais rien d'obligatoire durant la semaine.
Il avait donc tout le loisir de mener une double vie sans qu'elle s'en aperçoive. De toutes les manières, rien n'empêche un homme de mener une double vie si il le désire. Elle se rappela le cas de Béatrice. Son compagnon entretenait une relation avec la voisine de palier depuis plusieurs mois lorsqu'elle s'en aperçut.

Après cette rupture, Fiona se rouvrit au monde. C'était son remède contre la déprime et il semblait bien fonctionner car Fiona était ravissante. Aucune trace perceptible de cette séparation récente, rien que de la joie et du bonheur.
Le retour chez elle en fin de journée était cependant moins drôle et elle se demandait souvent pourquoi se voiler la face.
Elle était profondément blessée et aucune sortie n'arriverait à guérir cette plaie. Non, aucune sortie mais peut être une rencontre, une vraie rencontre arriverait à lui faire oublier Marc...mais où faire cette rencontre ? Fiona sortait maintenant depuis plusieurs semaines mais les hommes qu'elle rencontrait étaient tous étiquetés « garçons à emprunter, relation à durée déterminée».
Fiona n'avait pas besoin de ce type de relation, elle se savait encore trop fragile pour en assumer les conséquences. Fiona se dit que le remède « sorties » commençait à la lasser, non pas qu'elle arrêterait complètement mais y mettrait la pétale douce. En attendant, elle s'occuperait un peu plus d'elle, sport, sauna, soins de beauté en institut...
Le week-end de Pâques arriva. Fiona, Cécile, Luc en accord avec d'autres amis décidèrent d'aller jusqu'à San Pédro, ville côtière à près de 400 km d'Abidjan. Les alentours de cette ville possèdent les plus belles plages du pays. Fiona était impatiente, trop contente de rompre une nouvelle fois avec son quotidien et de découvrir de nouveaux paysages.
Deux amis de Fiona, Rosy et Kassoum avaient répondu positivement à l'invitation ainsi que Christelle, une collègue de Cécile.
Tout ce petit monde s'était donné rendez-vous à 9h devant l'immeuble de Fiona. La dernière halte s'effectua à une station service. Vérification de la pression des pneus, de l'eau et du niveau d'huile ; derniers achats en boutiques, eau, jus de fruits, en cas et dernier arrêt pour qui voulait se rendre aux toilettes. L'objectif était de ne pas s'arrêter en route afin de gagner la destination en fin de matinée.
Fiona prit place à l'arrière du véhicule que Rosy conduisait avec Christelle comme autre passagère. Dans le second véhicule, Luc, le conducteur accompagné de Cécile et de Kassoum.
Le trajet fut très agréable. Rosy était une excellente conductrice, ce qui ne nécessitait pas une attention particulière sur la route. Le seul interdit était de ne pas s'endormir et la laisser seule éveillée.
Faute de musique, Rosy, Fiona et Christelle fredonnèrent des chansons, d'enfance, des tubes des années 80, 90...
La route était bien calme pour un long week-end. C'était à se demander si la voie empruntée était la bonne. De son côté, Rosy se posait les mêmes questions :
- vous êtes sûrs que c'est la bonne route ?
- Oui, Rosy. Ne t'inquiète pas. C'était la seule route de toute façon.

Cécile s'était occupée des réservations à l'hôtel Sofia. Un fax de confirmation avait été transmis, elles n'avaient aucune inquiétude à se faire de ce côté !
A un moment, la circulation se faisait de plus en plus dense. On approchait de la destination.


A l'entrée de la ville, le groupe constata qu'ils n'étaient pas les seuls abidjanais à avoir fait le déplacement.
On entendit dans la voiture un soupir qui en disait long (faire un si long trajet et retrouver encore les mêmes personnes...). La bonne humeur reprit vite le dessus. Pas question de se laisser abattre par quelques voitures immatriculées 01.
Enfin arrivés ! Les voitures venaient de se garer sur le parking de l'hôtel. Chacun commentait des événements du trajet mais le commentaire qui revenait était le flux d'abidjanais venus passer le week-end à San Pédro.
Dans le hall, le personnel s'affairait autour des nombreux clients.
Des clients mécontents de ne pas trouver de place (faute de réservation) ne voulaient pas entendre raison. Des enfants couraient dans tous les sens et les mamans déployaient de grands efforts pour les maintenir en place.
Fiona jeta un coup d'½il dans le hall. Son regard fut attiré par la silhouette d'un homme qu'elle pensait connaître mais elle n'arrivait pas à y mettre un nom.
Rosy la voyant lui lança :
- Dis donc Fiona, ce n'est pas un peu tôt !? Nous venons à peine d'arriver...
La discrétion de Rosy était un élément sur lequel il ne fallait pas compter. Au même moment, la fameuse silhouette s'était retournée et elle eut l'impression qu'il avait tout entendu vu le sourire qu'il lui adressait.
Polie, Fiona lui rendit son sourire et détourna aussitôt la tête.
A présent, chacun avait les clefs de sa chambre. 3 chambres avaient été réservées. Fiona, Rosy et Christelle partageaient une même chambre, Luc et Cécile la seconde et Kassoum se retrouvait seule dans la dernière.
Kassoum était prêt à accueillir une colocataire mais cette envie n'était pas partagée par les filles.
La suite du programme était simple, douche et RDV dans le hall 45 minutes après.
Fiona, prête la première sortit dans le hall. Elle espérait sûrement voir l'inconnu du hall. Elle prétexta une envie de fumer pour sortir.
Elle en profita pour faire la visite des lieux.
Elle avait troqué son short pour un jean et des sandales. Leur bâtiment avait un accès direct sur le jardin et la piscine. C'est par là qu'elle commença sa visite. Alors qu'elle se dirigeait vers le hall, elle remarqua de nouveau la même silhouette. Cet homme était en grande discussion avec son amie sans doute.
Elle détourna le regard et continua sa visite. Une sonnerie dans son sac la sorti de ses pensées... elle avait presque oublié l'existence de son portable qui avait été silencieux jusque là.
Elle plongea la main dans la besace en essayant de retrouver ce maudis portable. Ouh la la se dit-elle, quel fouillis à l'intérieur mais elle avait beau essayé d'y mettre de l'ordre, elle ne pouvait se séparer d'une multitude de petits papiers...
Enfin, elle l'attrapa. C'était déjà trop tard, la personne raccrochait au même moment.
Toujours la même chose qui se produit... elle attendrait quelques minutes avant de rappeler. Quelques secondes après, le portable gardé cette fois-ci dans la poche de son jean se mit à vibrer. Au même moment, une voix l'appela.
Fiona surprise par les vibrations du portable (elle avait toujours la même réaction) sursauta en poussant un petit cri de frayeur.
Au même moment, elle se trouva nez à nez avec la silhouette...
L'homme lui adresse la parole mais elle écouta à peine car le portable sonnait toujours. Elle fit un geste de la main et décrocha. A l'autre bout du fil, sa s½ur partie également pour le long week-end mais dans la sous région, lui donnait des nouvelles de son voyage.
La conversation achevée, Fiona se retourna mais l'homme avait disparu. Qu'est-ce qui se passe se demanda t-elle intérieurement ? Qui est cet homme, son visage ne me semble pas inconnu. Ne trouvant pas de réponse, elle regagna le hall. Ils doivent sûrement être là !
Arrivée dans le hall, elle revit à nouveau cet homme.
Décidé à ne pas la laisser une nouvelle fois s'échapper, l'homme se dirigea vers elle d'un pas décidé.
- Fiona ?!(pause de quelques secondes)
- Oui ?
Fiona ne savait que penser. Cet homme se tenait là, devant elle, l'appelait par son prénom, semblait la connaître, mais à part un vague souvenir, elle n'arivait pas à mettre de nom sur ce visage.

Devinant son interrogation,
- Excusez moi, quel manque de courtoisie je peux avoir... Je ne veux pas que vous m'échappiez une nouvelle fois. Voilà pourquoi ; Jérôme ANOH ! ça ne vous dit toujours rien je suppose ?
Si je vous dit M. Kapé. Vous situez mieux ?
C'était donc lui, le sauveur de ce fameux Lundi noir ! Fiona se rappelait de ce jour comme si c'était hier. Il l'avait même invitée à déjeuner mais elle n'avait pas répondu !
Elle s'en était ensuite voulu mais comment le retrouver dans cette jungle abidjanaise ? Aujourd'hui, elle se rendit compte que toutes ses sorties étaient motivées par lui.
Elle s'en rappela et changea soudainement d'expression car si Fiona travaillait toujours chez Target, c'était en partie grâce à ce dernier.
Elle lui tendit la main et se présenta.
- Fiona ESSE, toutes mes excuses pour tout à l'heure !
- Ce n'est rien, je suppose que vous ne pouvez pas vous rappeler de tous les hommes que vous rencontrez ! mais si vous tenez absolument à vous excuser, accepter de dîner avec moi. Vous me raconterez la fin de notre première rencontre,
- Ohhhh, je suis désolée, je suis avec des amis pour le week-end et ça ne se fait pas de faire bande à part.
Cécile qui s'était avancée sans que personne ne s'en aperçoive répliqua,
- Bien sûr que vous pouvez nous l'enlever pour ce soir Monsieur Anoh. Ah excusez-moi, je manque également de manière. Moi, c'est Cécile, amie de Fiona. Ce n'est pas que j'écoutais aux portes mais j'ai entendu votre conversation et je me souviens très bien de ce fameux Lundi. Fiona s'en est tellement voulue...
Fiona fixait du regard son amie qui faisait mine de ne pas la voir. Elle n'existait plus, Jérôme et elle étaient en grande conversation.
Tout le monde était désormais au point de rendez-vous et Fiona profita de l'accalmie du dialogue Cécile/Jérôme pour répliquer,
- Mais vous-mêmes êtes accompagné... !
- Fiona, je n'ai pas pour habitude de supplier une femme mais, il fit mine de se mettre à genoux.

Pendant ce temps, Cécile avait résumé l'histoire au groupe et à cet instant, on entendit des voix s'exclamer,
- Allez, Fiona, tu ne vas pas te faire prier !!!
Que pouvait-elle faire désormais ? Même ses amis la jetaient en pâture à un illustre inconnu de plus est, dans une ville complètement inconnue.
Ils ajoutèrent juste avant de disparaître,
- Appelez nous après dîner, on pourrait se retrouver et prendre un verre ensemble.

Et ils s'éloignèrent en riant. Fiona avait suivi la scène comme une étrangère. Sa soirée avait été décidée par tous, sauf par elle. Cette idée ne lui déplaisait pas mais on aurait quand même pu lui demander son avis.

La soirée n'avait pas encore démarré, Jérôme proposa à Fiona de faire un tour de la ville, idée qu'elle appréciait.
La ville possédait un relief légèrement accidenté, l'air y était plus sec. La beauté des paysages presque sauvage, le coucher du soleil, Fiona observait tout et elle trouvait cet endroit magnifique.
Cette fin d'après-midi, plutôt fraîche était très agréable et ce coucher de soleil tellement surréaliste, on en oublierait que cette ville abritait le plus grand taudis d'Afrique de l'ouest (parait-il).
Le tour de la ville achevé, la faim les tenaillait. Ils optèrent pour un restaurant italien. Construit tout en en bois, le restaurant donnait face à la mer. On pouvait entendre le bruit continu des vagues.

Jérôme était impatient de mieux connaître Fiona. Il avait tellement attendu ! Ils ne virent pas la soirée s'écouler tant ils étaient absorbés par leurs conversations...Jérôme était fascinant, Fiona buvait ses paroles... elle était d'autant plus fasciné par cet homme qu'elle avait noté l'absence d'alliance et de marque d'alliance (volontairement retirée).
Elle se demandait si elle vivait un rêve. Fiona décida de ne poser aucune question et de jouir de ces bons moments. Des clients un peu bruyants quittaient le restaurant. C'est à ce moment qu'ils constatèrent qu'ils étaient les derniers et qu'il était bien tard.
Fiona appela Rosy pour connaître leur position. Personne ne répondait. Ils sont peut être finalement rentrés ...
Jérôme et Fiona décidèrent de passer devant quelques boites. Après avoir tourné, ils optèrent pour celle qui paraissait la plus animée. Dès leur entrée, ils aperçurent Rosy, Sandrine et Kassoum sur la piste.
Jérôme et Fiona s'installèrent et continuèrent leur conversation malgré la musique. Ils ne se levaient qu'aux séries de zouks. En les voyant, on aurait pu imaginer qu'ils se connaissaient depuis des années... Fiona était heureuse et elle ne le cachait pas.
A 4H30, le groupe se retira et regagna l'hôtel. Jérôme raccompagna Fiona à la porte de sa chambre et lui promit de la réveiller pour le petit déjeuner.
- Pas trop tôt quand même, lui dit Fiona !!!! J'ai besoin de sommeil !
La nuit fut longue pour Fiona qui eu du mal à trouver le sommeil. Elle n'arrêtait pas de ressasser les derniers événements et se demandait si elle vivait un rêve ou tout simplement la réalité...
Jérôme frappa à la porte de la chambre à 10h. Fiona l'attendait. Réveillée depuis quelques heures, elle avait essayé de mettre de l'ordre dans son esprit. La veille, Jérôme lui avait beaucoup parlé de lui. Comme elle avait été bête d'imaginer que cet homme d'âge mur pouvait être célibataire. Elle avait cherché la présence d'une bague ou d'une trace de bague laissée sur l'auriculaire gauche mais rien. Ce qui l'avait laissé imaginé qu'il était célibataire. Non! Jérôme était installé depuis moins de 2 ans à Abidjan et avait laissé femme et enfants en Europe. Sa famille ne tarderait pas à le rejoindre. Le choc avait été terrible à l'annonce de cette nouvelle. Les sentiments de Fiona étaient mitigés. Son attirance pour lui était forte et bien trop rapide. Elle avait peur de la souffrance qui se profilait déjà.
Est-ce que cette histoire en valait la peine ? C'est vrai qu'une relation peut durer 1 semaine, 1 mois et être très intense et inversement, durer des années mais être totalement monotone.
Fiona ne se sentait pas capable de freiner ses sentiments. C'était la première fois qu'elle ressentait quelque chose d'aussi fort en aussi peu de temps pour un homme et elle avait envie de goûter à cette nouvelle sensation... Ce sentiment était tellement fort qu'elle avait envie de profiter de chaque seconde, de chaque minute à ses côtés. Jérôme lui dit qu'il ressentait la même chose mais qu'il risquait d'en souffrir tous les deux. Est-ce que tout ceci était bien raisonnable ? Une chose était certaine, la raison semblait les avoir abandonnée. En s'engageant dans cette relation, il savaient tous les deux qu'elle était inscrite dans le temps mais le choix de goûter à ce bonheur était bien plus fort que tout.

FIN

# Posté le vendredi 19 janvier 2007 09:54

love PTT (via telecommunications)

Pourquoi réussir une vie amoureuse est-il si compliqué ? Qui a la recette du bonheur ? Cette recette existe t-elle ? J'ai du mal a le croire et je me dis que tout le monde joue la comédie sur cette terre ?
Après 32 années passées sur cette terre, je me considère toujours comme une personne seule et célibataire même si j'entretiens un semblant de relation avec une personne se trouvant a des milliers de kms de moi. Je dis bien « semblant de relation » car comment envisagez-vous construire une relation avec quelqu'un avec qui vous ne partagez rien. Quelqu'un qui ne sait pas si ce matin, vous vous êtes levés de bonne humeur, si vous avez été malade, si vous n'êtes pas en train de faire une dépression...
Quelqu'un qui ne s'interroge pas sur vos envies sexuelles, qui ne s'inquiète pas de savoir comment vous faites pour tenir au bout de x mois...
Est-cela sortir avec quelqu'un ? Si c'est pour les convenances, ah oui, c'est très bien...mais pour vous mêmes, pour votre moral, pour votre équilibre, pour votre futur...
A l'heure d'internet, on pourrait croire qu'il n'existe plus de problème de communication surtout quand l'une des personnes se trouve dans un pays développé, industrialisé...mais encore faudrait-il que cette personne ait des réflexes de personnes développés et industrialisés !
Comment envisager tenir une relation si aucun dialogue n'est instauré dans cette relation ? Vous pouvez passez une semaine sans nouvelle de l'autre. Je me demande qu'est ce que l'autre pense ? Elle est heureuse ? Qu'est-ce qu'elle fait ? Est-ce qu'elle est sortie hier soir et si oui, avec qui ? a t-elle dormi seule ? Et aujourd'hui, que fait-elle ? Tiens, c'est les fêtes de fin d'année, qu'a t-elle prévu de faire ? Voyager, rester sur place, Fêter avec qui ? C'est des questions normales qu'une femme se poserait mais malgré le fait que nous sortions tous du ventre d'une femme, nous sommes totalement différents !
Des personnes de chaque côté partagent nos quotidiens et sont plus aptes à nous apprécier ou non pour ce que nous sommes parce que ces personnes ont un vécu avec nous...et nous nous leurrons a dire que nous sommes avec X ou Y sachons pertinemment que nous sommes deux inconnus.
La communication étant coupée, lorsque celle-ci se rétablit, il en ressort des non dits ou des mal dits...au lieu de dire à l'autre « tu me manques, j'ai besoin de toi a mes côtés... » vous lui direz « mais pourquoi tu n'appelles pas ? Pourquoi tu n'écris pas... »

Cri du coeur non achevé...écrit en fin 2005
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# Posté le vendredi 19 janvier 2007 09:59

les vieux

les vieux

# Posté le vendredi 19 janvier 2007 11:04

toute la famille

toute la famille
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# Posté le vendredi 19 janvier 2007 11:13

Le Mal des Célibattantes

Je suis désespérée, j'ai mal au fond de moi-même, j'ai envie de crier haut et fort ma rage, mon découragement, mon désespoir... mais Pourquoi MOI, pourquoi ??? J'ai tellement mal, je me demande quelle épreuve le Seigneur veut encore me faire passer ? 8 ans que ça dure ! 8 ans de galère, 8 ans de vie sentimentale cahoteuse... ! On dit qu'il ne faut pas juger mais parfois c'est plus fort que soi. On se dit « comment a-t-elle fait ? ». Des exemples on en a toutes autour de nous et on ne comprend pas pourquoi on est toujours seule ! Ce débat, on peut l'aborder des heures et des heures sans jamais trouver de solution !
« Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi suis-je encore célibataire à mon âge ? Pourtant, sans prétention aucune, je ne suis pas moche, je dirais même plus, je suis plutôt jolie, j'ai bon goût, je suis intelligente, un peu cultivée même, j'ai un boulot, je m'assume, je suis célibataire sans enfant... Mais qu'est-ce qu'ils veulent ces mecs ?
A partir de là, différentes opinions naissent.
Le choix du défaitisme qui consiste à ne plus croire en rien et à se laisser aller tout en se disant «, je ne vaux rien, jamais personne ne voudra de moi, de toute façon, personne ne m'aime... ! ».
Un autre choix est de faire une mise au point sur sa vie et de sélectionner parmi d'éventuels prétendants le moins pire. Tu t'en accommodes malgré tout ce que tu as pu déjà dire (à tes amies sur lui !) « Ah les filles, il m'énerve si vous savez.... Il mange la bouche ouverte et ça fait du bruit, vous imaginez le spectacle ?! ll n'a pas de goût ! La dernière fois, on est sorti, il m'a emmenée dans un faux coin, je ne connaissais même pas... Je commençais à l'apprécier et il a dit « Bon, on est à demain ». C'est trop drap ! Il en a une toute petite... ».
Mais quand toute honteuse de vous et de votre choix, vous essayez de vous justifier devant vos amies (qui d'ailleurs n'ont en rien à faire car tout ce qu'elles désirent c'est de vous voir heureuse, avec lui ou quelqu'un d'autre) « vous savez finalement, je me suis trompée sur son compte. C'est un ange ! (qui mange la bouche ouverte, qui dit « on est à demain », qui fréquente des endroits que tu ne fréquentais pas...)

Cette réaction est bien souvent la conséquence de la phrase « a ton âge, tu ne dois plus faire la difficile ! ».
Mais cette phrase signifie quoi au juste ? (Finalement, heureusement qu'on a toujours fait la difficile vu le nombre de trophées au tableau de châsse !). Qu'il faille absolument se caser, et accepter toutes les tares masculines ? Se mettre avec un homme qui ne corresponde pas à ses aspirations, un homme avec qui vous ne pouvez pas avoir un sujet de discussion sorti de la bière, du football et des muscles ? Un homme qui ne vous fait pas jouir ? Un homme non ambitieux, violent, paresseux... ? Est-ce cela ne pas être difficile/compliquée (au choix !)

Je dis non ! Chères amies, chères mamans, chères tantes... arrêtez de stressez vos amies/filles/nièces... et laissez les encore croire en l'Amour ou du moins, en l'entente entre deux êtres ! A les presser ainsi, on se demande si c'est la situation de votre fille qui vous inquiète ou le qu'en dira t-on du voisinage ?

Je passe sur celles qui se réfugient dans la religion à outrance.

Mais il y a une catégorie de femmes qu'on appelle Les Célibattantes ! Elles ne sont pas loin de toutes celles que j'ai déjà évoquées. Ces dernières acceptent également difficilement leur célibat mais elles se battent. Elles sortent (entre copines), elles ont des aventures avec des hommes célibataires ou mariés, elles se prennent en charge, s'entretiennent !
Pour ceux qui les connaissent, les côtoient, leur vie n'est pas rose ! Bien au contraire ! Très souvent jalonnées de crises de larmes, de mini dépressions mais elles ont une devise, ne jamais se laisser abattre!
Elles essaient de vivre, de rire, de continuer à avoir une vie sociale même si à de nombreuses occasions, elles ont envie de rester cloîtrées chez elles et de ne pas dévoiler leur Célibat.
Le Célibat est un mal qui ronge de l'intérieur.
Certaines fraîchement sorties du lot, cachent leur compagnon pour vivre des histoires d'amour cachées. Ne dit-on pas, pour vivre heureux, il faut vivre caché ?
Les Célibattantes ont une petite voix interne qui leur dit « ton heure n'a pas encore sonné ! Toi aussi, tu trouveras le tien ! ». Alors, en attendant, fais toi plaisir, profite de la vie et surtout assume tes actes ! Ecoute toi, écoute ton corps, écoute tes besoins et tes envies et agi en conséquence !

Qu'est ce qui est le plus désagréable dans l'état de célibataire ? Ne rien partager avec un homme ? Succès, défaite, problème, envie, plan d'avenir, bébé, vacances, week-ends, sorties, Saint Valentin, un lit... de devoir toujours tout faire toute seule et assumer tout toute seule !
Qu'est ce qui est le plus agréable? L'illusion d'être libre et de n'avoir de compte à rendre à personne. Ne pas avoir à servir à manger à un handicapé chronique, traîner toute la journée de dimanche en tee shirt froissé, regarder la télévision toute la journée, s'allonger toute la journée avec un bon bouquin, fumer et boire sans regard inquisiteur...

Il y a quelque chose que je ne comprendrais jamais chez l'homme. Pourquoi aiment t-ils tous se faire servir ? Nous aussi, on apprécie quand ils disent « chérie, ne te dérange pas, qu'est-ce que je te mets ? Des légumes, du poisson, de la sauce ?». Mais cet état des choses semble tellement irréel... !
On devrait toutes se lever et marcher contre les mères des hommes. Mais n'allez pas croire que servir mon homme de temps en temps ne me fait pas plaisir ! Bien au contraire..., ça permet de surveiller ce qu'il mange (faut voir le bon côté des choses !). Non, ce qui me gêne c'est lorsqu'il n'y a plus de limite (l'acceptable, le raisonnable et le carrément impensable ne font qu'un !).
Tu sors le petit dernier du bain et le téléphone se met à sonner. Le bébé se met à pleurer et ton homme crie « Chérie, tu peux répondre ? ».
Je n'ai pas de remède pour les filles en mal d'homme mais tout ce que je sais, c'est que la vie à deux n'est pas de tout repos !
Tu as constamment un geôlier autour, au dessus et avec toi qui surveille tes faits et gestes (il ne faut pas fumer, ne pas trop boire, ne pas mâcher du chewing-gum, ne pas rire aux éclats, ne pas sortir seule ou avec tes amies qui ont mauvaise influence sur toi...).
Quand tu es célibataire, tout parait beaucoup plus simple !
Tu te dis que tu peux mener ta barque comme tu l'entends jusqu'à tomber sur The One !




La célibattante, saine d'esprit, qui entretient une relation avec un homme (occupé) connaît les limites de cette relation (on les lui répète à longueur de journée !) mais c'est souvent l'homme qui entretient cette relation qui outrepasse ses droits. Le côté macho, tu es avec moi, donc, tu m'appartiens donc j'ai un droit de regard sur ta vie remonte vite à la surface. Un petit moment de faiblesse et l'on pourrait se dire, il tient à moi, peut être que j'ai une chance de... mais réveillez-vous les filles car l'homme est trop content d'être dans cette situation. Pourquoi inversez les rôles et vous donnez celui de la Femme quand il peut bénéficier des avantages de 1, 2, 3... maîtresses. Evidemment si la Femme démissionne, les données changent ! Il aura tendance à se tourner vers celle qui correspond le plus à ses « critères ».
Les hommes sont bien trop lâches pour prendre de leur propre gré ce genre de décisions.
Le fait est, tu te sens seule, tu rencontres un homme. Vous commencez à vous connaître et vous vous rendez compte que vous vous appréciez mutuellement. Sa compagnie n'est pas désagréable, bien au contraire... le seul hic, il est occupé ! Que faire ? Vous qui vous étiez juré de ne pas entrer dans la catégorie des « sorcières » ou de ne pas replonger... Il réussit à vous convaincre en disant que vous vous sentez bien ensemble et qu'il a également peur car il ne sait pas où ça le mènera (nulle part !) mais qu'il a envie de vivre cette histoire avec vous ! Il ne peut pas vous dire combien de temps elle durera. Quoi de plus beau ?
A cet instant, vous le savez ou vous l'ignorez encore mais vous êtes faites ! Oui, vous êtes déjà amoureuse de ce type et le plus dur reste à venir !
On peut écrire la fin de toutes ces histoires mais parce que nous sommes des femmes, nous voulons toujours croire que peut être...
Ce genre d'histoire bouffe, creuse, anéantit, déchire, pas une personne mais trois personnes ; car ce n'est pas une relation à 2 qui se forme mais bien une relation à 3, la maîtresse, l'amant et la femme de ce dernier.
Si on pouvait se mettre en tête que la relation débute et s'arrête lorsque l'homme franchit le seuil de la porte, ce serait l'idéal. Mais on est tenté de croire autre chose et on découvre à nos dépens qu'on s'est complètement trompées.
Un Dimanche midi, vous vous rendez compte que la bouteille de gaz est vide. Vous descendez héler un taxi et vous vous rappelez qu'il y a grève des taxis depuis 2 jours. Machinalement, vous rentrez chez vous et l'appeler sur son portable. Il décroche et s'adresse à vous comme si il s'adressait à un client/collaborateur... quelques heures après, si il a pu s'échapper, il vous rappelle (des toilettes, du toit de la maison, du garage...) pour vous demander qu'est-ce qui a bien pu se passer pour que vous l'appeliez un Dimanche. Petite gourde, que vous êtes, vous aviez oublié de consulter le mode d'emploi...
C'est un exemple parmi tant d'autres mais qui reflète bien la situation.
Après cet incident, vous jurez que l'on ne vous y reprendra plus ! Vous qui agissiez comme la bonne petite 2nde femme, vous recommencez à sortir et redécouvrez qu'il existe une vie après le boulot et Monsieur. Vos amis sont présents comme avant. Tiens, Nico, il n'est pas mal du tout... ah bon ? On a déjà été présenté ? Aucun souvenir ! Hé oui, ma petite, l'Amour rend aveugle !
Voilà comment la Célibattante agit ! Elle ne se morfond pas dans son coin parce qu'on lui a ouvert les yeux sur son statut et les droits qui vont avec.
Non, elle décide d'agir !
Après quelques sorties, Nicolas et la célibattante forment un couple. Ils s'entendent bien, s'entretiennent sur tout, politique, économie, sociologie, mode, sport, musique...Le cours de leur vie se déroule. Chacun a conservé sa maison, et c'est celle de Nico qui est le plus souvent habitée. Des présentations ont été faites aux parents et à de nombreuses occasions la Célibattante est titillée sur sont statut de femme non mariée et non mère.
Elle répond que ce n'est pas sa priorité et prétend que, Nicolas et elle, préfèrent profiter de leur liberté et remettre ces projets à plus tard.
Mais de plus en plus, le sujet l'embarrasse. D'autant plus qu'à chaque fois qu'elle tente d'aborder le sujet avec Nico, il lui donne des réponses évasives. Ce soir, c'est différent. Elle a eu ses résultas d'analyses ce matin. Elle qui se demandait ce qu'elle avait contracté comme virus se voit entendre que le virus n'est autre qu'un bébé en train de pousser dans son ventre.
Elle prépare une bonne surprise à Nicolas pour le mettre en condition.
Elle concocte un bon plat épicé, tamise la lumière, se fait belle...
Nicolas rentre et agréablement surpris demande à son amie « On fête quelque chose ? ».
Elle répond « Oui, nous ! ».
Pendant le repas, elle est à ses petits soins, le sert, le regarde manger, s'empresse de remplir à nouveau son plat. Nicolas soupçonne bien quelque chose mais attend qu'elle veuille bien commencer la conversation.
Au moment du dessert, elle lui demande « Nic, combien d'enfants aimerais-tu avoir ?». Il la regarde d'une manière bizarre et répond « je ne sais pas, je n'ai pas réfléchi à la question ! ».
Elle lui répond « tu devrais commencer...car le 1er est en route ! »
Son verre lâche et se brise sur le sol. « Qu'est-ce que tu dis ? Tu es quoi ? Enceinte ? Mais ce n'est pas possible ! Et tu le sais depuis quand ? ».
- Ce matin ! Nic, dis quelque chose... je t'en prie !
- Te dire quoi ? Nous n'en avons jamais parlé et tu me l'annonces comme ça ! Tu crois que je vais avaler ton histoire ?
Et voilà comment une histoire qui avait si bien commencé s'achève ! 2 divergences d'opinions sur le fait d'avoir des enfants. L'homme sait qu'il n'a aucun pouvoir de décider ou non de l'issue de l'état d'Inès. Elle travaille, habite seule et peut subvenir aux besoins du bébé. Tout ce qu'elle lui demandera sera de reconnaître l'enfant et peut être que dans 9 mois, Nic aura changé d'avis ?

Les femmes aujourd'hui sont de moins en moins passives. C'est normal, elles gagnent leur vie, s'assument, font des bébés presque toutes seules...Elles n'attendent plus qu'on leur dicte leur conduite !
Quant aux hommes, on a comme l'impression qu'ils subissent cette transition, cette évolution de la conduite des femmes sans réellement comprendre ce qui se produit, et l'adéquation entre ces deux êtres se révèle être difficile.

Quelle est la solution pour notre génération et celles à venir ? Je ne détiens pas la réponse mais je pense que les générations à venir auront moins de difficultés d'adéquation car ces données auront été déjà intégrées dans « leur système de pensée » vu le nombre d'enfants élevés par des familles mono parentales.

Espérons pour les années à venir des rapports moins conflictuels, plus simples, plus francs et surtout moins égoïstes entre hommes et femmes !

# Posté le mercredi 24 janvier 2007 05:32

Modifié le mercredi 24 janvier 2007 05:45